J’ai eu une épiphanie très sympa ce matin à 5h, alors qu’une grosse pluie venait de me réveiller.
Je ne sais absolument pas pourquoi c’est arrivé maintenant, alors que ça fait maintenant des années que je travaille de la meme manière.
Ca a débuté hier. Je regardais une interview passionnante avec une Naturopathe qui est l’une de mes inspirations en matière de santé féminine. Elle détaillait le role de chaque hormone, faisait les liens entre le SMOP, l’endométriose, les règles douloureuses, les perturbateurs endocriniens, avec une aisance formidable. Je buvais ses paroles. J’avais envie d’etre sa cliente meme si je n’ai pas de problématique à régler.
Et puis, en l’écoutant, je me disais : Moi aussi j’ai envie d’apparaitre de cette manière. J’ai envie que les femmes qui ont ces problématiques se disent “C’est la Naturopathe qu’il me faut”, en m’écoutant.
La nuit est passé, et alors que j’allais commencer à travailler un sujet pour un article ce matin, j’ai eu comme une révélation. J’ai eu des connexions neuronales qui se sont enfin pris la main et qui ont eu quelque chose de très intéressant à raconter.
Et je suis sure que ça pourra bien vous faire réfléchir également.
Quand j’étais à l’école, je prenais le temps pour faire mes devoirs (même si honnêtement, je ne les faisais pas souvent). Lorsque j’écrivais une histoire, un rapport, lorsque j’avais une présentation à faire en allemand sur les Tokio Hotel et à quel point j’étais amoureuse de Bill Kaulitz, ça me prenait des journées entières. Et j’étais même parfois fière de mon travail.
J’ai également écrit un roman à l’âge de 14 ans. Plus de 300 pages de science fiction. Sans le dire à personne au début, à part ma mère qui lisait un chapitre par jour.
Et puis il y a eu les réseaux sociaux. Lorsque j’ai lancé mon activité de naturopathe en ligne en 2020, on me donnait plein de conseils :
- Publie tous les jours, sinon tu vas perdre ton audience !
- Montre toi, fais des photos régulièrement !
- Sur Youtube, au moins deux vidéos longues par semaine pour commencer (si tu peux en faire 4 c’est encore mieux).
Et je suivais tous ces conseils. Et j’ai fait un vrai burnout. C’était horrible. Je devais me forcer, tous les jours, à essayer d’apprendre rapidement de nouveaux concepts pour les recracher et espérer attirer une plus grande audience.
J’ai eu des clientes. J’ai appris pleeein de choses. Mais c’était trop. Pourtant, j’avais cru comprendre que, vu le monde dans lequel on vivait, je ne pouvais pas me permettre de faire autrement.
Je ne suis pas sure d’avoir réussi à vraiment bien travailler ces dernières années. J’ai fait des contenus super intéressants, des vidéos et articles dont je suis fière, j’ai eu de superbes consultations… mais quelque chose ne s’alignait pas. Vraiment, quelque chose n’allait pas.
Et puis il y a eu les IA : ChatGPT, Claude, Deepseek, Gemini… Je ne le sentais pas. Je n’avais pas envie que ça existe. Mais j’ai fini par les utiliser de plus en plus pour faire mes recherches. J’avais la sensation que j’étais plus efficace : plus besoin de parcourir des articles durant des heures et de tous lire, puisque l’IA pouvait tout résumer pour moi. Wow. J’avais vraiment l’impression que ça allait m’aider.
Mais j’ai pris de mauvaises habitudes : En plus de penser que je devais publier très souvent sur internet, je pensais que l’IA ne faisait pas d’erreur et disait la vérité.
Oh que non. Bien au contraire.
En plus d’avoir dit parfois des aberrations, elle me mettait en garde contre des choses qui n’avaient aucun sens. Au contraire, niveau santé, elle me disait d’ouvrir les vannes sur des choses qui pourraient être nocives selon les personnes. Je la laissais prendre trop de place dans ma tête.
Cette combinaison réseaux sociaux + IA a fait que : Je voulais tout faire rapidement, créer du contenu sans arrêt, prendre plein de selfies pour me montrer (alors que cela me mettait mal à l’aise), et je ne lisais plus vraiment les sources de ce que l’IA me proposait.
La réalité de celles et ceux qui “réussissent”
Il y a une réalité derrière les réseaux, derrière les articles et les vidéos, qu’on ne voit pas. Ce sont les heures passées derrière. Parfois, des années d’études, d’échec, avant de publier UN truc qui va tout faire décoller.
C’est grâce à mes échanges avec d’autres naturopathes qui ont bien décollé que j’ai compris que, même si certains ont rapidement grandi leur audience, ils avaient de quoi le faire AVANT de commencer : Des études en marketing, d’anciens échecs. Rares sont les personnes qui déchirent tout juste comme ça, sorti de nul part.
Camille Etienne, qui cartonne sur les réseaux (et que même le gouvernement ne supporte pas parce qu’elle dit trop de vérités), a d’abord fait un master en économie, puis a ensuite repris des études à Oxford pour en savoir plus sur toutes ces histoires de polluants.
Déjà à l’école, elle avait crée une antenne locale pour la jeunesse d’Amnesty international. Et elle a enchainé en s’engageant encore et encore.
Il y a un travail énorme derrière ses publications. Si elle cartonne, c’est parce qu’elle sait de quoi elle parle. Elle a taffé. Elle a des contacts. Mais ça, si elle ne nous le montre pas, on ne le voit pas. On s’imagine que c’est facile de percer.
Il n’y a qu’à voir ces vidéos-interviews où l’on demande aux jeunes : “Combien penses tu gagner plus tard ?” Ils vont vous répondre “20.000 euros par mois au minimum”. Mais ce n’est pas de leur faute : ils voient cela (tout comme moi) tous les jours sur les réseaux. Ils voient ceux qui ont réussi. Mais ils ne voient pas tous ceux qui ont échoué. Tout le travail que ça demande. L’entourage que ça demande. Les études que ça demande.
Mon cerveau a enfin capté
Je suis presque fatiguée de soulagement en écrivant ces lignes. Comme si un gros poids s’enlevait de mes épaules. Parce que je réfléchis par moi-meme. Complètement. Sans les conseils que je trouve sur internet, sans l’IA.
Mes plus beaux projets ont pris du temps. C’est normal.
Quand on force la nature a produire plus rapidement à coup d’engrais et de pesticides, ça crée des dégâts derrière. C’est pareil pour notre cerveau.
Oui, on peut travailler efficacement, beaucoup, avancer assez rapidement, mais on peut faire tout cela, en se réappropriant le temps.
Apprendre, aller lire les sources jusqu’au bout, chercher sur google, des articles écrits par des humains et pas par une machine.
Alors aujourd’hui, pour la première fois depuis très longtemps, j’ai beaucoup lu. J’ai lu les articles jusqu’au bout. Je me suis bien concentrée, j’ai mis toutes mes sources. J’ai écouté une longue interview avec une scientifique au lieu d’essayer de trouver un résumé. Et j’ai l’impression d’avoir offert un SPA à mon cerveau. C’est fou. Mais je me sens vachement bien.
Je sais que je n’ai pas besoin de publier à un rythme effréné pour réussir. J’ai une amie qui a essayé de faire ça récemment en écoutant les mêmes conseils sur lesquels j’étais tombée et elle a fini avec énormément de stress. Elle nourrit une machine qui ne la récompense qu’à petites doses.
Mes meilleures vidéos n’ont pas fait des milliers de vues parce que je publiais tous les jours : elles en ont fait parce que j’ai pris le temps de réfléchir avant de les faire, j’ai fait des recherches, et j’ai parfois refait la vidéo à plusieurs reprises.
Alors je sais, certaines personnes parlent, postent, et attrapent des centaines de milliers de vues. Mais ce n’est pas comme ça que j’ai envie de faire. Peut être un jour, quand je ferai des vidéos de mes voyages. Ce n’est pas pareil.
Mais j’ai envie de prendre mon temps, de faire un travail dont je suis fière et d’apporter de la qualité aux gens qui me suivent. A mes futures clientes.
Alors si cela me prend deux semaines pour faire un super bon article, ça me va. Je serais contente, et vous aurez quelque chose de très sympa à lire.
Vous pouvez me retrouver sur :